Conférence donnée dans le séminaire Ratés, échecs et autres navets : la question de la médiocrité dans les arts, Université de Caen
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Le 24 avril 2025, Martin Dagois s’est rendu à l’Université de Caen afin de participer à la troisième et dernière journée du séminaire de recherche Ratés, échecs et autres navets : la question de la médiocrité dans les arts, organisé par Camille Cellier et le laboratoire de recherche LASLAR.
À cette occasion, pour évoquer cette question des manifestations de l’échec et du raté dans les formes artistiques, Martin Dagois a présenté une conférence intitulée Corps burlesque : gesticulation entre échec, pathétique et ridicule mais toujours avec entrain.
Il a été question, au cours de cette communication, d’étudier les caractéristiques des corps burlesques, particulièrement à travers les personnages des pionniers du genre au cinéma, comme Buster Keaton, Harry Langdon ou Charles Chaplin. En s’appuyant sur de nombreuses séquences de films, il a été démontré que les corps des personnages burlesques, maladroits en toute circonstance, s’agitent sans cesse et dérèglent n’importe quelle situation en multipliant les ratés, les accidents ou les chutes. En s’intéressant particulièrement au rapport de ces personnages à la technique et aux objets techniques, un développement a été mené, démontrant que les maladresses dont font ils font preuve représente leur inadaptation au monde qui les entoure. Ils sont solitaires et inadaptés socialement, et même les objets techniques se retournent constamment contre eux, bien qu’ils ne désespèrent jamais et continuent de développer un goût pour la fabrication ou le maniement d’outils.
L’étude s’est poursuivie par la démonstration que la forme même de ces films burlesques, et particulièrement lors des premiers pas du genre, avec des courts-métrages d’une vingtaine de minutes, était pensée spécialement pour permettre aux personnages de se montrer le plus maladroits possible. Allant d’échecs en échec à partir d’une situation donnée, dans des séquences où, très souvent, l’action chaotique prend le pas sur la narration, les personnages évoluent presque davantage dans un terrain de jeu à perturber que dans un cadre narratif.
Enfin, la conférence s’est achevée sur l’observation de quelques vidéos issues du champ des arts contemporains, en démontrant que de nombreux ressorts du genre burlesques se retrouvent toujours activés aujourd’hui, avec l’évolution d’un corps sans contexte narratif, ou encore la présence d’un corps qui subit des événements plus qu’il n’agit efficacement.

Martin Dagois tient à exprimer ses remerciements à Camille Cellier pour tout son travail d’organisation de ce séminaire, ainsi que pour son chaleureux accueil sur le site de l’Université de Caen.
Commentaires